Ce blog ne prétend rien d'autre que d'être une suite d'articles sans liens ni thématiques particulières. Il fait part de la vision d'un expatrié sur ce merveilleux pays qui l'a accueilli, essayant d'en donner une image diffèrente des clichés qu'en ont souvent ceux qui le méconnaisse. Il cherche aussi à temoigner d'une expérience personnelle qui prouve que le bonheur n'est pas une chimère...

14 nov. 2013

Terroristes graciés: Merci Bruxelles!

cour europeenne des droits de l'homme

La justice aurait “mal” interprété ses lois pénales d’après la Cour européenne des droits de l’homme. Inés del Río Prada, figure de l’ETA emprisonnée depuis 1988 aurait effectué trop d’années de prison. Jugées pour plusieurs attentats commis par l’organisation séparatiste basque dans les années 80, le total de ses peines s‘élevait à plus de 3 000 ans.
La condamnation est avant tout symbolique. En première instance, sa peine avait été ramenée à 30 ans, soit le maximum que peut passer un individu en prison. Par la suite, elle avait obtenu une remise de peine fixant sa libération à juillet 2008.
Mais en 2006, le Tribunal suprême espagnol n’interprétait plus la loi de la même manière. Avec un changement notable. Ce seuil ne s’appliquait plus à la totalité des peines mais à chaque peine pour laquelle l’individu avait été condamnée. La justice nommait cette réforme la “Doctrine Parot” et visait, essentiellement, à empêcher la libération de membres d’ETA.
Jusqu’en 2003, la peine maximale était de 30 ans. Depuis, elle est passée à 40 ans et les travaux d’intérêts généraux n’entraînent plus de remises de peine automatiques.
En 2012, la Cour Constitutionnelle espagnole donnait son aval à la “Doctrine Parot” par 12 voix contre 3. Un de ses membres avait décrit cette décision comme “un changement des règles du jeu.”
Avec cette décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, au moins 54 membres d’ETA pourraient, dès lors, être libérés sur les 600 incarcérés dans les prisons espagnoles. (source: Euronews)

Il y a un mot espagnol qui n'a pas de traduction possible en français: Una chapuza.
Chapuza signifie un travail mal fait. Il est surtout utilisé dans la construction, mais sont emploi s'est généralisé à tout ce qui a été mal réalisé,  fait à la "va-vite".

La doctrine Parot: una chapuza en toda regla.

Et l'état espagnol  réalisa une véritable "chapuza" en 2006 quand le Tribunal Suprême inventa cette Doctrine Parot  pour contourner le problème qu'en Espagne, la prison à perpétuité n'existe pas.
Pour changer cela, il faudrait changer la constitution qui indique que la peine maximum est de 30 ans.
On pourrait penser que c'est un travail long et fastidieux que de changer la constitution...
Pourtant le président Zapatero n'a pas eu de mal à la réformer, de manière express,  pour y mettre une "touche" néo-libérale imposée par Bruxelles sur la stabilité budgétaire.
Alors pourquoi n'a-t-on jamais pris le temps de se pencher sur le sujet de la peine à perpétuité ?

Intolérable quand on sait que certains terroristes ont des dizaines de morts sur la conscience. Diviser leurs peines maximales par le nombre de victimes réduit la vie humaine à peu de chose, presque équivalente à un vol de voiture...
D'autant plus ridicule qu'on les condamne symboliquement à une peine pour chaque victime qui finit par accumuler des milliers d'années pour certains: C'est un peu, excusez-moi de l'expression, se foutre de la gueule du monde !

Les familles de victimes et une grande partie des espagnols peuvent peut-être comprendre le cheminement  du tribunal des droits de l'homme, logique et implacable. Car la justice de leur pays avait créé une aberration juridique.
Mais le résultat de la sentence est humainement impossible à assumer: Des personnes ayant tué froidement, qui aujourd'hui encore sont sans remords et seraient prêtes à recommencer, sortent de leurs cellules, sourire aux lèvres...
Comble de l'horreur, certaines réclament même des indemnités pour préjudice, alors qu'insolvable à l'époque de leurs méfaits, elles n'ont jamais payé celles qu'elles devaient verser aux victimes et à leurs familles.

Les débats ici vont bon train:
Devant l'apparent zèle des tribunaux espagnols pour appliquer rapidement la résolution de Bruxelles, alors qu'ils avaient des possibilités légales de "faire traîner" les choses, certains veulent y voir un cadeau des politiques fait aux terroristes afin de favoriser les négociations de dissolution définitive de l'E.T.A.
Aurait-on dû changer les lois il y a longtemps ? Pourquoi ne l'a-t-on pas fait? Sans parler pour certains du retour du débat sur la peine de mort.

La sentence s'applique non seulement aux terroristes mais à tout les condamnés à qui on a appliqué cette doctrine Parot pour retarder leur sortie de prison.
Plusieurs tueurs et violeurs en série non réhabilités vont être relâchés dans les jours qui viennent, déclenchant une véritable alarme sociale. J'ai moi même vécu en direct plusieurs de ces évènements, comme ceux du  "violeur de l'ascenseur" de Valladolid qui a 18 viols déclarés (il aurait fait une cinquantaine de victimes) et 2 meurtres à son actif. Et je vis en Espagne depuis moins de 20 ans !

Il est un peu tard pour pleurer.
Esta chapuza ya no tiene arreglo.


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